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النص الكامل لتقرير نيكولا بو الذي شغل تونس و سياسييها

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Tunisie, l’alliance ratée des Emiratis avec Lotfi Brahem

Par Nicolas Beau

Tunisie, l’alliance ratée des Emiratis avec Lotfi Brahem Par Nicolas Beau – 13 juin 201811 9.8K PARTAGES 9.8K Le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Lotfi Brahem, a péché par orgueil, en croyant que grâce à ses nouveaux amis émiratis, il allait devenir le maitre du jeu politique à Tunis. Le Premier ministre tunisien, Youssef Chahed, qui n’a jamais apprécié son ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem, dont il suspectait la loyauté, a obtenu finalement sa tête auprès du président tunisien, Beji Caïd Essebsi, qui l’avait pourtant nommé voici neuf mois. Officiellement, des erreurs dans les dispositifs de surveillance des côtes tunisiennes par l’Intérieur, qui expliqueraient le terrible naufrage de migrants dans la nuit du 2 au 3 juin au large de Kerkennah (79 morts), justifieraient la révocation de Lotfi Brahem. Qui peut croire à cette fable? La vraie raison, expliquent en privé des diplomates occidentaux, tient à la rencontre nocturne qui eut lieu récemment sur l’ile de Djerba entre le ministre et le chef des services secrets émiratis. Ce dernier revenait d’Alger où avait eu lieu une rencontre préliminaire au sommet sur la Libye organisée par Emmanuel Macron le 29 mai. Un « 7 novembre 1987 » bis Lors de cette discrète rencontre, le Tunisien et l’Emirati ont mis au point la feuille de route qui devait conduire à des changements à la tête de l’Etat: révocation du Premier ministre, Youssef Chahed; possible nomination à la tête du gouvernement de l’ancien ministre de la Défense de Ben Ali, Kamel Morjane; mise à l’écart finalement du président Beji lui même, pour raisons médicales. Un peu à la façon dont le vieux président Bourguiba avait été écarté par le fringant général Ben Ali. Parallèlement, Lotfi Brahem s’est rapproché d’un certain nombre de politiques tunisiens, notamment Ridha Belhaj, un des fondateurs de Nida Tounes, le parti présidentiel, qu’il a quitté voici deux ans pour créer son propre mouvement « la Tunisie d’abord’. Les deux hommes et d’autres encore, dont certains financés par les Emiratis, ont imaginé de recomposer l’échiquier politique tunisien. Ainsi ont-ils tenté, ces derniers jours, une alliance improbable avec le fils du Président tunisien, Hafedh Caïd Essebsi, patron très contesté de Nida Tounes et au plus mal avec Youssef Chahed, le premier ministre. Autant de sombres calculs qui finalement n’ont point abouti. Premiers scuds Homme de l’ombre, Lotfi Brahem caresse depuis fort longtemps de grandes ambitions. Peu de temps avant qu’il soit nommé ministre de l’Intérieur tunisien par Beji Caïd Essebsi, et alors qu’il n’était que le patron de la garde nationale, l’équivalent de la gendarmerie en France, une campagne de dénigrement l’avait présenté comme le nouveau Ben Ali, prêt à tenter un coup de force sécuritaire dans une Tunisie en proie au désordre économique et sécuritaire. Etait-ce prémonitoire? Un document distribué sous le manteau et que Mondafrique a pu consulter présentait le simple patron de la Garde Nationale comme l’épicentre de réseaux souvent jeunes et entreprenants, mais nostalgiques de l’ordre ancien qui règnait sous la dictature. L’offensive provenait de certains syndicats policiers, désireux de défendre le pré carré policier, appuyés par des hommes de l’ombre qui avaient leurs entrées au ministère de l’Intérieur. La campagne de dénigrement avait totalement cessé avec la nomination de Lofti Brahem en septembre 2017 comme ministre de l’Intérieur. Le colonel major sut, à ce poste sensible, reconquérir l’estime de nombreux cadres policiers. Alors qu’il avait conquis une position de force sur l’échiquier tunisien, le voici chassé de son poste et victime de ses ambitions précipitées. L’axe Beji-Ghannouchi Le plan que le ministre démissionaire avait concocté visait avant tout à écarter définitivement de la vie politique tunisienne les islamistes du mouvement Ennahdha, pourtant arrivés en tête aux dernières élections municipales et qui depuis les Présidentielles de 2014, ont conclu un pacte avec le président tunisien. De telles perspectives ne pouvaient que réjouir les Emiratis, leurs alliés séoudiens et égyptiens et l’entourage du président Trump, sinon l’administration américaine elle-même, qui comme souvent, a plusieurs fers sur le feu en Tunisie. Autant de pays unis dans leur combat contre les Frères Musulmans et dans l’appui en Libye au général Haftar, axes principaux de leurs actions militaires et diplomatiques. La manoeuvre pourtant n’a pas abouti. Les services français, allemands et algériens ont eu vent de l’opération en préparation et les autorités légitimes furent prévenues. Le Premier ministre Youssef Chahed, adepte de la guerre éclair, a saisi cette formidable occasion pour obtenir la tête de son adversaire de toujours, Lotfi Brahem, longtemps protégé pourtant en haut lieu. On ne voit pas dans ces conditions comment le couple Beji-Chahed qui a l’air de tenir contre vents et tempêtes ne reconduirait pas l’alliance avec les islamistes de Ghannouchi qui, désormais relooké et plus fringant que jamais,

est sans doute le grand vainqueur de cette ultime péripétie du théatre politique tunisien, gangrené par l’argent

émirati.

mondafrique.com

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